3 QUESTIONS à Sébastien Vincini, Président de Réseau 31

posté le vendredi 15 janvier 2021
3 QUESTIONS à Sébastien Vincini, Président de Réseau 31

3 questions à Monsieur Sébastien Vincini, Président de Réseau 31, et intervenant sur la séance plénière de CYCL’EAU Toulouse Occitanie Live qui s'est déroulé le mercredi 13 Janvier dernier à 16h sur la chaîne YouTube de CYCL’EAU.

 

Pourquoi participer au salon CYCL’EAU ?

C’est notre vocation de fédérer. Nous le faisons au quotidien avec nos 243 adhérents et nos 670 élus répartis sur l’ensemble de notre territoire. Nous créons des synergies entre les acteurs de l’eau pour mieux les mobiliser autour des grands enjeux de préservation de cette ressource essentielle.

Il était donc important pour nous d’être partenaire, dès l’origine, d’une telle manifestation sur le Sud-Ouest. Cette démarche est complémentaire de ce que nous avons engagé à l’échelle nationale puisque RESEAU31 a œuvré à la création de France Eau Publique qui regroupe les principaux opérateurs publics de l’eau. Nous avons également intégré un réseau d’opérateurs publics au niveau Européen (Aqua Publica Europea).

Ce type d’échanges est fondamental. Il est source de solidarité et de partage des connaissances. Nous avons pu l’éprouver pendant la crise sanitaire : mutualisation des bonnes pratiques, des masques, analyse des boues d’épuration comme vecteur de prévention du COVID19.

Ce partage d’expérience nous permet également de démontrer qu’une solidarité entre l’urbain et le rural à l’échelle d’un territoire comme le nôtre est une réponse pertinente pour la gestion durable de la ressource.

 

Comment RESEAU31 fait vivre concrètement cette solidarité entre l’urbain et le rural ?

Nous avons mis en place un tarif unique de l’eau (et de l’assainissement), qui participe pleinement à l’aménagement durable et soutenable de notre territoire.

A titre d’exemple, sur ces six dernières années ce sont 40 stations d’épuration qui ont été construites, pour améliorer l’état des milieux.

Je pourrais notamment citer le projet Aussonnelle, dans l’ouest du territoire de la Haute-Garonne, qui a permis d’améliorer la qualité de cette rivière. Ces efforts profitent à tous : à nos communes adhérentes, mais également aux communes de la métropole toulousaine traversées par ce cours d’eau, qui bénéficient en conséquence d’un environnement amélioré.

D’ici 2026, nous devons construire près de 40 nouvelles stations d’épuration, certes peut-être plus modestes que celles que nous avons déjà construites, mais les communes qui vont les accueillir n’auraient pas pu les construire seules, dans les mêmes délais.

 

En quoi cette solidarité urbain / rural permet à RESEAU31 de préserver la ressource et d’anticiper sur les changements climatiques ?

Tout d’abord en agissant sur les prélèvements dans le milieu naturel. Toutes les économies que nous pouvons faire en apportant notre savoir-faire, nous les mettons en place :

Nous diminuons les prélèvements en Garonne pour alimenter le Canal de Saint-Martory, que nous gérons jusque dans l’agglomération Toulousaine. Ainsi, nous garantissons aux agriculteurs une ressource pérenne qui nous a permis de franchir correctement les derniers épisodes caniculaires, tout en préservant bien entendu l’alimentation en eau potable.

La préservation de nos 164 captages, en lien avec les partenaires économiques des territoires de montagne, nous permet de mieux garantir leur pérennité et de veiller à maintenir l’activité économique sur ces territoires.

Nous construisons, avec nos collègues de l’Ariège, des équipements de production d’eau potable en commun. Cela nous permet d’optimiser à la fois les investissements et la pression sur les prélèvements dans les milieux.

Nous innovons, en étant à l’initiative de projets européens qui vont nous permettre de limiter les consommations de nos stations d’épuration. Nous participons ainsi à limiter notre empreinte carbone.

Nous produisons de l’énergie (méthanisation, hydroélectricité) à partir de nos ouvrages d’eau potable, d’assainissement ou du canal de Saint Martory. Nous nous inscrivons dans un développement économe et durable.

Nous menons des réflexions sur la gestion des eaux pluviales et de ruissellement sur nos territoires à la jonction entre le rural et l’urbain, nous accompagnons l’aménagement dynamique de nos territoires en pensant aux territoires à l’aval.

Toutes ces actions ont un sens et une efficacité parce qu’elles sont partagées, elles sont à l’opposé de toute démarche solitaire ou de repli, et c’est ce que j’attends d’un salon tel que CYCL’EAU : le partage d’expérience au service de la solidarité territoriale.

 

 

Retrouvez Sébastien Vincini sur la séance plénière qui s'est déroulée Mercredi 13 janvier à 16h sur la chaîne YouTube de CYCL'EAU